Pour les adultes, un enfant est sage quand il est obéissant, tranquille, sans turbulences et sans encombre.
Sage comme une image
Mais quelle est donc cette sagesse que les adultes leur réclament ?
Une BD pour réfléchir sur le sens de la sagesse demandée aux enfants.
« Pour les adultes, un enfant est sage quand il est obéissant, tranquille, sans turbulences et sans encombre. Donc, pratiquement inexistant, aussi placide qu’une image sans visage… » écrivait Tomy Ungerer. Les définitions du mot « sagesse » sont multiples et peuvent même être contradictoires.
Dans le dictionnaire, le terme est à la fois synonyme de connaissance, d’expérience, de justesse du jugement, mais peut également être assimilé à la docilité. Pourtant, acquérir de l’expérience ne nécessite-t-il pas d’oser, d’essayer, de faire des erreurs, de se confronter au réel ? Ce qui est à l’opposé d’une attitude passive et docile.
Un jeu chanté traditionnel, que les enfants se sont transmis de génération en génération, déclare : « Et quand serons-nous sages ? Jamais ! Jamais ! Jamais ! Et quand serons-nous diables ? Toujours ! Toujours ! Toujours ! La terre nourrit tout… Les sages et les fous ! » Ces paroles malicieuses sont une réponse à cette demande de docilité, que les adultes exigent, assimilent à la sagesse et dont l’expression « sage comme une image » est le symbole.
En famille, à l’école, en animation, on peut retrouver cette injonction faite aux enfants d’être actifs seulement sur commande et transparents le reste du temps. Et lorsque les animateurs ou les animatrices évoquent les « enfants difficiles » auxquels ils sont confrontés, régulièrement sont mis en avant ceux qui ne sont pas compliants et n’ont pas envie de faire les activités qui ont été prévues pour eux.
Pourtant il est indispensable que les enfants apprennent les principes de la sagesse, ce comportement s’appuyant sur la conscience de soi et des autres dans une éthique de vie en société apaisé et responsable. Être sage, c’est respecter celles et ceux qui vous entourent, savoir se mettre à leur place, prendre en compte leurs différences et leurs réalités.
Être sage, c’est faire la part des choses entre l’essentiel et l’apparence. Être sage, c’est savoir évaluer le danger et les risques pour soi et les autres. Être sage, c’est être capable de prendre du recul, savoir trier l’information, relativiser, c’est aussi ne pas « crier avec les loups », faire entendre une voix dissonante et même parfois désobéir...
Et si nous redonnions au mot sagesse sa valeur philosophique lorsqu’il s’agit d’éducation ?