LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Le retour sensible. Une activité pour partager ses sensations

Publié le 08/07/2026 sur Yakamédia. Article original paru dans la revue VEN n°602, juillet-septembre 2026, dans la rubrique « Décryptage. Terrain ».
Après un spectacle, une visite, un concert, une exposition ou une lecture, le retour sensible permet de partager des ressentis, des sensations et des émotions qui ont pu traverser la découverte.
L’individu passe du statut de spectateur à celui d’acteur.
Média secondaire

L’approche sensible – par les sens – permet de convoquer une expérience singulière autour d’un objet, elle-même traversée des références, des histoires et des vécus qui constituent tout individu pour en faire un socle commun partagé et collectif. Elle laisse la place à l’expression du vécu et reconnaît la subjectivité de chacun·e. Les activités sensibles ne sont pas qu’un échauffement à l’analyse ou aux débats. Ce sont des étapes de remémoration d’un évènement au travers de son vécu et de celui des autres. Les ressentis exprimés se mêlent et viennent enrichir les regards sensibles sur l’expérience vécue collectivement. La diversité des approches – les mots, le corps, l’image – permet d’enrichir les retours et de faire appel à des sensations différentes selon les personnes. Pour permettre cette expression et cet enrichissement, les encadrant·es doivent veiller à instaurer un cadre d’écoute sans jugement en mettant l’ensemble du groupe en confiance. L’équipe fait circuler la parole à tour de rôle et aide à poser des mots sur les ressentis des participant·es, sans chercher la “bonne réponse”.

 

Les mots 

À partir de l’amorce « j’ai vu », à tour de rôle, les participant·es complètent la phrase avec un mot ou une brève phrase. Tout est permis : des éléments de décor, un costume, une couleur de lumière, un objet, une coiffure dans le public, etc., chacun ajoute son mot au pot commun. Une autre amorce est possible, « j’ai entendu », et de la même façon les sons et les mots s’enchaînent, à tour de rôle. Il est imaginable de continuer à partir d’autres amorces sensorielles : « j’ai senti », « j’ai touché », « j’ai goûté ». Cela dépend de ce qui a été vécu par le groupe, et des sens qui ont été éveillés. 

Le corps 

« Je me souviens » permet de faire appel au corps et à la mémoire des gestes. Il est proposé aux participant·es de se souvenir de gestes, actions, mouve- ments qu’ils et elles ont pu voir ou faire. À tour de rôle, le ou la volontaire prend une pose, fait un geste ou reproduit une action correspondant à son souvenir. Pour chacune de ces propositions, il faut souvent 3 ou 4 tours de parole pour permettre à tout le monde d’être à l’aise. Il est possible de passer son tour si l’inspiration venait à manquer. 

L’image 

Le groupe constitue des trios. À partir d’un lot de cartes postales ou d’images diverses disposées face visible, chaque membre du trio sélectionne une carte qui évoque son expérience. Le trio met en commun le triptyque d’images puis lui imagine un titre. Les associations titre/images peuvent ensuite être parta- gées oralement ou en créant une exposition suivie d’une déambulation libre. Ce sont 3 courtes activités d’une dizaine de minutes, qui peuvent être vécues séparément, et organisées au choix. Pour permettre d’avoir un confort d’écoute au sein du groupe, il est recommandé d’être entre 5 et 15 personnes maximum. La diversité des regards, des écoutes et des corps permet aussi de percevoir autrement la diversité des sensibilités dans un groupe et de faire connaissance autour d’une expérience vécue à la fois pour soi et collectivement.

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3 questions à Zoé David, chargée de mission Europe et international aux Ceméa.

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