« Plaisir de lire, plaisir de dire, plaisir d’écrire...rêvons ! »

La lecture a besoin d’être sollicitée, encouragée, d’être accompagnée. Sur l’île de la Réunion, les Ceméa s’efforcent de multiplier les occasions de permettre aux enfants de lire par eux·elles-mêmes et de goûter au bonheur de découvrir le monde au travers des mots sur la page.
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Credit photo : CEMEA

 

Eternel serpent de mer, comment mettre la lecture au cœur des loisirs ? Ce n’est pas une question qui surgit aujourd’hui comme par magie, mais bien une préoccupation qui se pérennise et dont la résolution demande une inventivité de tous les instants pour tous les acteurs et toutes les actrices de l’éducation. Les Ceméa de l’île de la Réunion multiplient les initiatives pour parvenir à faire de cette activité un incontournable du grandir et des loisirs des enfants. Une activité où l’oralité a aussi toute sa place.

Lire avec plaisir, un voeu pieux ? Un combat sans fin ?

Souvent confronté·e·s à ce blocage du public face à la lecture/écriture, les animateurs, les formateurs, les enseignants, les éducateurs, doivent sans cesse se remettre en cause,se remettre en question.

Comment aborder le lire/écrire auprès des enfants, auprès des adultes ? Qu’est ce qui fait qu’une « peur » qu’ une « gêne » ou que « l’ennui » s’installent quand il faut écrire, ou lire un texte ? Qu’est ce qui s’est passé, qu’est ce qui se passe à l’école ? qu’est ce qui a été raté dans l’éducation ? à la maison ? Comment créer un environnement qui soit motivant ? Qui soit rassurant ?

Lire , écrire c’est l’affaire de tous : tant au niveau des parents pour l’expression orale, pour « entretenir » ce qui a été appris, que des professionnels de l’éducation de manière générale.

Mais lire pour quoi ? Pourquoi ? Pour qui ?

Lire pour appréhender, pour découvrir le monde, pour le comprendre..Lire pour dire, dire pour lire, lire pour écrire, écrire pour lire, écrire pour dire ..Tout est là , tout est lié. Ne pas « sectionner » ses approches disciplinaires qui se traduisent en littératie. À La Réunion les difficultés rencontrées sont souvent liées à la langue maternelle encore trop « étouffée » à l’école.

Des propositions , des expériences sont menées aux Ceméa pour aborder le « tridimensionnel » dire , lire, écrire.

L’utilisation des albums du fonds local : L’environnement décrit, les lieux, les personnages, le récit favorisent l’expression orale des enfants, des adultes, qui peuvent s’identifier, se repérer dans un espace familier.

Exemples d’albums (voir illustrations) : importance du texte écrit en créole, et en français qui permet au lecteur de naviguer à la fois dans la langue française, et dans la langue maternelle.

Une autre difficulté réside dans le fait que le créole n’a pas de graphie officielle. Le parler créole ne fait pas l’unanimité auprès des parents et fait toujours l’objet de discussion quant à l’usage de cette langue indigène à l’école.

Cemea
  • Les jeux de mots : sirandanes (1) qui font allusion à l’univers créole de manière très imagée

  • La participation à des manifestations d’envergure nationale telles que Les nuits de la lecture, Le Printemps des Poètes.

  • La valorisation des productions est par ailleurs une étape importante pour les participants

  • (exposition )

  • Participation à des manifestations d’envergure locale telle que La semaine créole

  • Des ateliers de « fabrik de petits livres » auprès d’un public d’enfants ou d’adultes permettent d’entrer dans un « mécanisme » de création, d’expression . Le principe d’  « écrire à la manière de » offre des déclinaisons propres à chacun . (livre éventail, livre accordéon, livre déplié...)

  • Des KOZKAFÉ selon des thèmes choisis (littéraire, arts plastiques, cinéma, ..) La rencontre avec un auteur : un moment d’exception qui apporte un éclairage sur le parcours de l’auteur vers le livre objet.

  • Un rendez-vous mensuel avec le groupe « Des Lire et d’écrits » où les « mordus » de la lecture font des présentations de livre, d’auteurs, de textes...partagent leurs émotions, leurs interrogations dans ce qui a été lu. Une rencontre qui vient enrichir le champ littéraire de chaque participant . Activité mise à l’arrêt avec la crise sanitaire où les regroupements de plus de six personnes sont interdits dans un espace public.

Crédit photo : Aaron Burden sur Unsplash

La coéducation à l’œuvre

Lire , faire lire, écrire, faire écrire, dire, faire dire, un peu comme un credo pour maintenir cette émulation. Ce sont là quelques propositions d’activités qui ont été menées, qui sont menées auprès du public à la fois scolaire, public de quartier, dans des dispositifs tels que le PRE, L’école des parents, dans des maisons de quartier.

 

Note : 1. La sirandane est une forme de devinette en langue créole pratiquée à l'Ile Maurice, ainsi que dans certaines îles voisines. Les sirandanes portent sur la vie quotidienne ; naïves, humoristiques, poétiques, elles sont en même temps empreintes de sagesse.