LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Le prix des choses

En éducation tout ne se mesure pas en termes de prix
Quel est le prix d’un moment passé par des enfants à jouer ensemble ? La relation à l’autre n’est heureusement pas quantifiable financièrement, contrairement à l’environnement matériel qui l’entoure.
Média secondaire
BD Le prix des choses

 

Plus c’est cher, mieux c’est ! La qualité a un prix... Des affirmations que le système économique impose comme une évidence. Mais la problématique est bien plus complexe, en particulier lorsqu’il s’agit d’éducation.

Tout peut-il se définir par rapport à un prix ? S’il est possible d’évaluer le coût d’une heure de poney, d’escalade, de voile… en fonction d’une grille tarifaire, cela devient étrange voire absurde si l’on décentre ce mode d’évaluation à des moments informels de relations, de discussions, de jeu, de plaisir à être ensemble, de disputes, de temps passé à regarder un paysage, à imaginer, à dormir... Ces temps éducatifs sont majeurs pour la construction d’un individu, mais vouloir les chiffrer n’aurait pas de sens. Si l’on interroge les enfants et les jeunes sur leurs séjours de vacances, la place qu’ils donnent aux copains, copines et aux relations est bien souvent première, bien que n’étant ni tarifée, ni tarifable.

Pourtant, tous ces moments de vie et d’éducation sont parfois victimes d’une mise en concurrence avec des activités pouvant être quantifiées financièrement. « Je n’ai quand même pas payé un séjour ce prix-là pour que mes enfants jouent à cache-cache, aillent se promener et dorment ! ». Le rapport actuel à la valeur marchande de l’activité peut aller jusqu’à interroger la notion même de vacances. Des parents déclaraient lors d’un micro-trottoir n’avoir pu offrir que deux jours de « vraies vacances » à leurs enfants, durant l’été. Pourtant, avec le budget dépensé pour ce weekend dans un parc à thème, il leur aurait été possible de passer beaucoup plus de temps autrement. Se balader, admirer un coucher de soleil, jouer dans les bois, ramasser des petits fruits, mettre les pieds dans un ruisseau, découvrir un lieu… ne sont pas des activités que l’on peut définir par un tarif d’entrée, mais peuvent être de « vrais » moments de vacances. Et ils ne nécessitent pas forcément de déplacements longs ou un coût d’hébergement élevé.

La problématique liée au prix des loisirs et de la culture est cependant complexe et il ne faudrait pas simplement lui opposer de manière manichéenne une gratuité de circonstances et d’opportunités. Les séjours de vacances collectives, les spectacles, les activités ont un coût. Il y a des engagements politiques et financiers des municipalités, des comités d’entreprises, des œuvres, des associations, ou des groupes qui les organisent.

Et si, on s’interrogeait sur le financement des centres de vacances ?

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