du côté de chez soi : partir en vacances

En 1995, est sorti le film « vacances à deux pas » qui présentait un centre de loisirs à Vitrolles. Avec leurs yeux d’aujourd’hui enfants et adultes en interprètent les images et en extraient le sens profond. Ça fait du bien de pouvoir partir en vacances, du côté de chez soi !
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Média secondaire

Texte inspiré par « vacances à deux pas »

film de Daniel Salles, ceméa Provence 1995

 

Certains enfants ont besoin et envie de vivre des vacances et n’ont pas la possibilité pour de multiples raisons (financières, familiales, contraintes de temps) de partir trop loin, de s’éloigner de leur domicile.

Les accueils collectifs de mineurs proposent des vacances à deux pas qui leur permettent de bénéficier d’un accueil et d’une organisation qui les dépayseront tout autant que s’ils partaient très loin.

Celui dont on présente ici le fonctionnement offre de par son projet pédagogique tout entier axé sur le choix de l’enfant, une véritable occasion de partir en vacances tout en restant tout près de son univers habituel.

Du côté des enfants

Au centre c’est à deux pas de chez nous, comme à la maison, mais c’est pas chez nous et voilà toute la différence. Parce que chez nous sans les copains, copines, sans l’équipe d’animation, nous nous ennuierions. Au centre nous partons en vacances chaque jour. Et chaque jour nous revenons de vacances.

Ici il y a tout ce dont nous avons rêvé pour passer de vraies vacances.

Nous pouvons prendre notre temps, aller à notre rythme, ne rien faire, enfin si, faire rien plutôt, nous gaver de rires et de découvertes, entrer dans la danse, en sortir quand nous le voulons et pas forcément en même temps. Nous avons le droit d’être qui nous sommes, et nous sommes chacun différent et unique.

Nous avons le droit d’avoir du temps pour nous, du temps avec les autres. Nos envies, ici tout le monde s’en soucie.

Chaque jour, tous ensemble ou à quelques-uns nous avons une réunion pour parler à la fois de ce qui va, de ce qui va pas, et des activités du lendemain.

Parfois on trouve le temps long mais c’est pas grave. Si on en a marre de participer aux activités proposées (glissades, marionnettes et plein d’autres...), on peut tranquillement se réfugier dans une solitude qu’on choisira à notre guise, à vélo ou pépère avec un bouquin dans un coin, et reprendre le jeu si on le décide et que c’est accepté. Nous aimons, chacun de notre côté le goût particulier et les parfums de ces vacances.

Du côté de l’équipe d’adultes

Les vacances remédient à la vacance et nous sommes là. L’idée de vacances n’a rien à voir avec les kilomètres, avec un quelconque trajet long et épuisant. Le dépaysement se fait non dans l’espace mais dans ce qui s’y passe.

Que les enfants viennent à pied seuls, en voiture accompagnés par leurs parents ou avec d’autres en bus, le trajet est court et les vacances à portée d’esprit et de corps. Tout près de chez eux, et en plus ils peuvent dormir dans leur lit le soir et voir leurs parents, leur raconter la journée. Et tous les jours ceux-ci peuvent venir nous rencontrer, pour eux il s’agit d’une solution pleine de sens qui va bien au-delà d’un simple mode de garde.

On est loin de la garderie, il y a un projet, c’est ce qui fait la différence. Rien n’est planifié, tout est minutieusement préparé mais ça ne se voit pas, aucune improvisation c’est pour cela que tout est possible, et la liberté y prend sa source en toute tranquillité.

La possibilité de s’isoler, d’être à deux ou trois, ou de vivre le collectif est un véritable trésor. Et les enfants en profitent.

Il faut que nous sachions nous faire violence et que nous arrêtions de bassiner les gamins en les gavant d’activités. Nous sommes là et surtout présents lorsque nous ne sommes pas là (merci monsieur Deligny), là et à l’écoute comme des parents mais pas comme, là et loin de là pour les laisser tranquilles ces gosses qui nous sont confiés. Il faut qu’on cesse d’être sur leurs talons, toujours sur le qui vive, aux aguets. La confiance se conquiert mutuellement et se tisse au fil du commun.

Les vacances sont faites d’être, d’agir et de jouer.

Du côté d’une observatrice

Chaque enfant a son propre projet qu’il déroule au fil de la journée, de la semaine, au gré des sollicitations diverses et de ses désirs. L’équipe d’animation se concerte tous les jours et réajuste le fonctionnement en fonction du vécu des journées.

Cette évaluation permanente, qui s’appuie sur une écoute et une observation empiriques des enfants et du déroulé de tous les moments de la vie quotidienne et des activités, permet de coller à la réalité de l’instant, qui varie sans cesse.

Cemea

 

Les enfants vivent de vraies vacances, pas des loisirs au rabais, ils s’impliquent, donnent leur avis, mordent à belles dents dans ce qui leur est proposé.

L’équipe d’encadrement du centre de loisirs a conçu et élaboré un projet à cet effet et mis en place pour les enfants un fonctionnement idoine, où chaque jour est un jour de vacances.

À deux pas de chez eux les enfants sont et partent en vacances, ils et elles vivent des aventures à la hauteur de leurs aspirations.

Partir ce n’est pas une question de distance. Le cadre donné permet au public de se construire son projet de vacances et peu importe où il est, où il va, c’est cette autonomie dans la conduite de ce projet (constitué de plein de petits projets) qui préfigure et concrétise l’idée de vacances.

Découvrir le film "Vacances à deux pas"