LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Schada

Un jeu néerlandais où les cases imposent les déplacements
Média secondaire

Une pièce se déplace toujours en concordance avec la case où elle se trouve : c'est la propriété originale de ce jeu néerlandais (figure 1 ). 

figure 1

Figure 1 - Une boîte du jeu, éditée au début des années quarante.

ÉQUIPEMENT

- Un tablier de 64 cases (figures 2 et 3) ;

- 32 pièces dont 16 blanches et 16 noires.

Chaque couleur est composée de 3 groupes • 4 officiers et 4 sous-officiers formant les chefs ; 8 soldats.

 

SITUATION INITIALE

Toutes les pièces sont installées sur le tablier (figure 2)

figure 2

Figure 2 - le tablier du jeu et la position initiale des pièces.

 

Dans chaque couleur, les officiers et les sous-officiers sont placés en alternance derrière les 8 soldats.

Les pièces blanches

les officiers: A 1-C 1-E 1-G 1 ;

les sous-officiers: B1-D1-F1-H1 ;

les soldats : A2 à H2.

Les pièces noires

les officiers: B8-D8-F8-H8 ;

les sous-officiers : A8-C8-E 8-G8 ;

les soldats ; A7 à H7.

 

BUT DU JEU

Obtenir le meilleur score en déplaçant ses officiers et sous-officiers sur la ligne du bord opposé, appelée ligne cible (no 8 pour les Blancs et no 1 pour les Noirs). Un officier qui a rejoint sa ligne cible rapporte 2 points et un sous-officier 1 point. Les soldats ne rapportent pas de points.

DÉROULEMENT DU JEU

Les deux joueurs déplacent l'une de leurs pièces à tour de rôle en effectuant éventuellement une prise.

les déplacements

Les pièces se déplacent selon les indications de la case où elles se trouvent. Ainsi, une pièce placée en D3 peut se déplacer vers B3, D1 ou F5 en respectant les modalités décrites ci-dessous.

Seuls les officiers peuvent transiter par une case occupée par une autre pièce de même couleur. En début de partie, les soldats ont 10 ouvertures possibles et les chefs en ont 4. Chaque joueur peut donc choisir un déplacement parmi ces 14 ouvertures ; les sous-officiers ne pouvant pas se déplacer lors du premier coup.

Un chef (officier ou sous-officier), arrivé sur une case de sa ligne cible, peut seulement se déplacer latéralement d'un seul pas. Sur cette ligne, les chefs sont imprenables mais ils peuvent attaquer une pièce adverse.

Un soldat, arrivé sur une case de la ligne cible de sa couleur ne rapporte pas de points et il conserve son statut • quelle que soit la case du tablier où il se trouve, il a les mêmes pouvoirs de déplacement et de prise (il peut prendre et être pris). Pour un soldat, la ligne cible n'a donc pas de signification particulière.

les prises

Lors d'un déplacement, toute pièce peut prendre une pièce adverse qui sera définitivement éliminée. Le preneur sort alors la pièce attaquée du tablier et occupe sa place. Un chef, arrivé sur sa ligne cible, n'est pas prenable.

FIN DE PARTIE

La partie s'arrête si l'un des joueurs réalise l'une des trois actions suivantes :

-L'occupation complète de sa ligne cible ;

- la capture de tous les chefs adverses ;

-le déplacement de la même pièce trois fois de suite.

LE GAGNANT

Le joueur qui a le meilleur score gagne la partie. Un officier transposé sur sa ligne cible vaut deux points et un sous-officier seulement un point. En cas d'égalité, le gagnant est le joueur qui a conservé le plus grand nombre de chefs sur le tablier.

figure 3

Figure 3 - Une reproduction du tablier avec le détail des cases

COMMENTAIRES

Schada fut probablement inventé par Jan Boogert, un Néerlandais de Rotterdam. Ce jeu fut breveté aux Pays-Bas en 1937 par la firme Groenteman, puis en Belgique en 1938. Schada ne semble pas avoir obtenu beaucoup de succès bien qu'un championnat fut organisé à Rotterdam vers 1940 par son inventeur. La boîte présentée en figure 1 fut éditée par Multicolor (Deventer). Le code « K 744 », noté sur l' illustration du couvercle, précise que le jeu fut imprimé par Borst & Co. L'inscription de la lettre « K » fut imposée aux éditeurs par l'occupant allemand à partir de juillet 1941 , ce qui donne une indication de la date de publication de cette boîte de jeu. Schada ne semble pas avoir été diffusé à rieur des Pays-Bas, bien que plu sieurs éditions néerlandaises aient été produites autour de 1940 dont certaines avec des pièces en bois - édition N. Perry de 1938. L'objectif à atteindre pour gagner n'est pas original mais les tactiques à développer pour y arriver nécessitent une immense attention. Lors d'un déplacement, les joueurs doivent être très prudents afin d'éviter de poser leur pièce sur une case menacée par l'adversaire. La source du danger peut être éloignée et indirecte. Par exemple, la case E4 peut être attaquée par une pièce adverse posée en G2 ; si cette pièce est un officier, elle peut atteindre E4 même si les cases G3, G4, F4 sont occupées par des pièces de sa cou leur. Le concept de ce jeu a été repris dans les années soixante-dix par d'autres éditeurs, tel « Aladdin » avec le jeu Tripples. Ce jeu, breveté dans plusieurs pays, est composé d'un pavage de 64 pièces carrées sur lesquelles sont tracées des flèches. Chacun des deux joueurs déplace, à son tour de jeu, l'un de ses deux pions selon les indications du carré sur lequel il est placé. Dans ces deux jeux, Schada et Tripples, les mouvements de pions sont dépendants du lieu où ils se trouvent. Cette propriété reste peu exploitée par les inventeurs de jeux de pions, pourtant elle pourrait offrir de nombreuses possibilités.