LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Rapports d'activité

Les grandes rubriques thématiques qui composent le rapport d’activité adopté lors de l’Assemblée générale de juin 2018 du mouvement des Ceméa.
Média secondaire

L'Edito du rapport d'activité 2018

« Il y a parfois du neuf qui recycle du vieux » dit Edwy Plenel dans l’entretien qu’il a accordé aux Ceméa pour marquer nos 80 ans. Issus du « vieux monde », nous nous sommes repositionnés clairement sur un discours idéologique indiquant le projet de société que nous voulons, celui sur lequel se fondent nos actions. Nous nous sommes opposés aux discours de clivage, de culpabilisation, de désignations de coupables. Cela fait maintenant plus de 80 ans que nous condamnons inlassablement les choix politiques qui creusent les inégalités. Inscrits dans les mêmes courants idéologiques, nous sommes toujours prêts à nous engager dans la construction d’alternatives sociétales. C’est ainsi que notre mouvement témoigne, chaque jour, de ses capacités à renforcer les dynamiques solidaires, les liens du sens. Cette force nous la devons à ce que nous sommes : un mouvement d’Éducation nouvelle impliqué dans l’organisation d’une société civile, en France et en Europe, visible et audible. C’est en cela que nous nous revendiquons du « nouveau monde ». Mais au-delà de ce clivage insensé, nous avons cultivé nos capacités à nous chahuter, nous provoquer, à nous alerter sur la tentation de construire et d’imposer des certitudes péremptoires.

Refusant la cristallisation du sens commun, le simplisme et plus globalement ce qui empêche, entrave la liberté d’expression et l’indépendance de pensée, nous avons, cette année encore, permis aux militants et militantes qui s’y réfèrent, de faire vivre dans les pratiques ce qui relève des fondements philosophique et politique de l’Éducation nouvelle. Car c’est à chacun.e d’entre nous de faire en sorte de cultiver dans les actions les nuances portées par l’impertinence, l’insolence, la lutte contre les partis-pris radicaux, quand il appartient à tous les citoyens de garantir les libertés de consciences et de cultiver une certaine forme d’« intranquillité » de penser.

À l’inverse de la volonté dominante des forces politiques et économiques libérales qui veulent tout transformer en marchandise, les Ceméa luttent à leur niveau pour que l’éducation, la formation, la santé, l’information, la culture échappent aux lois du marché. C’est bien par l’action, au quotidien, que les Ceméa font collectivement la preuve de leurs capacités à considérer les territoires comme autant d’espaces de projets, du local à l’international. Pour faire de ces actions des réussites, des leviers, les Ceméa entretiennent l’énergie, les ressources et les moyens de rendre intelligible le présent et d’y mettre de la raison. Pour ce faire, les pratiques et leur mutualisation sont, pour les Ceméa, le cœur d’un processus vertueux de développement, qui se fonde non pas sur le seul discours, mais sur les multiples traductions en actes de leurs pensées. Il ne faut pas s’y tromper, quand pour certains le discours suffit, pour les Ceméa c’est AGIR qui fait politique !

Depuis plusieurs années, les Ceméa ont inscrits leur activité dans une relation partenariale plus forte et plus articulée à certaines politiques locales. Élaborées, construites et parfois portées avec d’autres, les actions des Ceméa s’inscrivent chaque année davantage en réponse aux besoins des territoires, contribuent du développement local, mobilisent des partenariats créateurs de liens. Elles situent donc les interventions de notre mouvement en contact étroit avec la réalité, avec la complexité et la richesse de tous les espaces d’éducation.

C’est ce dont témoigne ce nouveau rapport d’activité.

Jean-Luc Cazaillon, Directeur général des Ceméa

Rapport d'activité 2018