LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Mettre en place un atelier d'écriture

Hélène Paumier conduit des ateliers d’écriture depuis 25 ans avec des publics scolaires ou non, jeunes ou adultes. Dans cette interview, elle livre des conseils pour mettre en confiance son public et débuter un atelier
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Comment mener un atelier d'écriture pour le réussir ? Dans la confiance, l'ouverture et la bienveillance. La progression effectuée dans l'écoute, en douceur et hors de toute notion de jugement et d'évaluation va ouvrir un moment propice à l'écriture. Tout devient alors très vite possible
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Quels conseils pourrais-tu donner à qui veut mener un atelier d’écriture ?

La première chose à faire est de rassurer son public et de le mettre en confiance. Il faut poser le cadre de « l’atelier » : bienveillance et expérimentation comme le mot l’indique. Il ne s’agit pas d’un cours, rien n’est obligatoire, ni le respect de la langue, ni le fait de lire ou d’écrire. En lien avec les idées de l’éducation populaire, il est important d’éloigner toute idée d’évaluation.

On peut commencer par des choses faciles, ludiques et brèves, comme faire des listes : listes de course, de ses animaux préférés, de films, liste des choses qui font battre le cœur, qui désolent, qui sont ennuyeuses, qui sont agréables à regarder… L’idée est d’écrire des choses de la vie quotidienne, vues ou ressenties.

Ensuite, il faut être attentif au moment de la lecture et de l’écoute. C’est un moment important où les participants s’expriment face au groupe et où ils mettent en parole ce qu’ils ont écrit. Il faut donc qu’ils se sentent en confiance

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Comment lever les réticences ?

On peut miser sur l’écriture collective : poème des quatre sens qui s’écrit à quatre, chacun prenant en charge un sens, ou cadavres exquis... Cet esprit collectif favorise la confiance en soi et permet de lever certains freins. Il est également possible d’écrire à partir de textes existants.                     

Il suffit de trois poèmes, une paire de ciseaux, de colle, et un nouveau texte sera créé. De manière générale, favoriser les travaux pratiques est une bonne manière de mettre en confiance les participants. Mais en 25 ans d’ateliers avec des publics très divers, je n’ai jamais réellement connu de réticences insurmontables. Je crois qu’au fond chacun a besoin de s’exprimer.

Quand peut-on dire qu’un atelier est réussi ?

Quand les participant·es prennent du plaisir, qu’ils s’amusent avec les mots, sans y voir aucun enjeu. Quand ils se sentent libérés du regard des autres et plus encore de leur « auto-jugement » ce qui n’est jamais simple. Mais quand on arrive à travailler dans la durée, à se retrouver régulièrement, les habitudes s’installent ; c’est un moment pour soi et pour le groupe. Je le répète, le cadre que pose l’animateur ou l’animatrice est en cela fondamental : nous sommes là pour nous amuser, pour nous exprimer, parler de soi ou de personnages fictifs, distordre la syntaxe, détourner le sens des mots. Si l’on a su instaurer un esprit bienveillant, tout est possible !

Photo - Atelier à la PJJ d'Angoulême, Hélène Paumier