Le village des possibles

Un village et tout devient possible, pour que ce ne soit plus « chacun sa merde » le projet Compostons ! prêt à aller jusque dans les salles d’étude ou le projet Sortir qui allie deux organismes de formation pour se rapprocher de la nature
Média secondaire

Le village des possibles (associations et mouvements).est cette année installé par quartiers (culture, développement durable, économie sociale et solidaire, éducation formation  animation, Europe et international et travail social). Et chaque quartier gère la vie de l’espace collectivement.  Les limites entre chaque quartier sont poreuses et laissent émerger des rencontres, se fomenter des bribes d’aventures communes, se dessiner des conversations propres à renverser des montagnes. On assiste par exemple à la naissance en direct d’un projet commun entre les Ceméa Occitanie et l’association « compostons ».

Zoom appuyé sur deux associations :

Compostons !

Il s’agit d’une association d’éducation populaire qui promeut l’installation de compost citoyen de proximité, de façon à ce que les déchets des uns deviennent une richesse pour les autres. Le projet a débuté dans des quartiers prioritaires dits « politique de la ville » : créer un compost collectif qui crée du lien.

Il y a eu du porte-à-porte pour rencontrer les gens et comprendre les freins éventuels. Et durant l’appropriation des composteurs, plein d’autres choses ont été abordées. L’association ( qui compte 4 co-président·e·s) fonctionne comme une termitière. On travaille ensemble, on expérimente, nous sommes toutes et tous très autonomes et également très lié·e·s. L’enjeu est aussi économique, ce sont les métiers de demain, c’est un vrai enjeu en ce qui concerne la création d’emploi. Catherine, à l’origine du projet, est une ancienne adhérente aux Ceméa et reste proche de leurs idées, dans la même mouvance de développement durable, c’est la raison de sa présence (et celle de son association) au village des possibles (l’année dernière, on est venus pour s’immerger et découvrir). C’est l’opportunité de créer , maintenir et développer du lien pour la convergence des luttes (« ou alors c’est chacun sa merde ! » Dit-elle. On essaie tous et toutes de survivre et on n’est jamais aussi fort qu’ensemble. Les défis sont multiples et les réponses ne peuvent être que communes. Le côté culturel permet le lien. Au près d’arènes, il y a un projet dans les cartons pour développer un compost dans le quartier (qui compte une trentaine d’associations). L’ambition est ensuite d’intervenir dans les actions de formation et dans les structures d’animation. Ça bouillonne au cœur de ce creuset d’idées.

On constate tous et toutes que les représentations, les a priori bétonnent les esprits. En même temps, les pauvres, on n’a pas à leur demander d’être sobres, ils ont la sobriété forcée. Il faut raccrocher tout cela aux politiques, c’est une condition sine qua non de réussite, le poids des politiques, qui ont besoin de défendre des projets concrets.

À la croisée des champs  

Autre association présente : le Merlet. 38 ans d’existence avec comme leitmotiv, la nature, le groupe, des espaces d’expériences partagées, à la croisée du monde de l’éducation populaire et du monde de l’environnement et surtout de la pleine nature. Or, dans les institutions il n’y a pas de croisement, ce qui complique les relations avec elles. Très difficile au début de se faire reconnaître.

Le Merlet développe une pédagogie qui part des individus (très variés dans leur façon de fonctionner) tous uniques mais qui prend en compte leur inscription dans un groupe.

Belle équation à résoudre, faire la part belle à chaque personne tout en permettant au groupe d’exister. Il faut multiplier les approches et les méthodes. L’association est opératrice de terrain (séjours de vacances) qui privilégie la pleine nature (activités sportives) et l’itinérance. Les enfants sont acteurs et actrices de leurs vacances. Une thématique constitue le fil rouge du séjour. En amont, la relation aux parents et aux participant·e·s est très soignée. La pédagogie de projet rythme les séjours. Il y a une vraie mixité du public qui est devenu au fi les années réellement fidèle. L’association emploie 15 salarié·e·s et 80 saisonniers et saisonnières, elle est engagée dans la formation à l’animation volontaire et professionnelle. Avec toujours comme point de départ à toute réflexion en amont de tout projet ce constat : les jeunes sont de moins en moins en contact avec la nature, sortir c’est vital. D’où la création avec les Ceméa de la dynamique « sortir », et ce sans concurrence aucune(les Ceméa sont clean et solidaires d’une petite structure). L’association a un secteur « recherche pédagogique » : innovation, elle s’efforce de dégager du temps pour formaliser des outils, pour être dans la recherche/action. Un travail est en cours sur les rapports de domination. l’association est très investie dans le GRAINE (réseau d’éducation à l’environnement). Le Merlet est un ruisseau des Cévennes et l’association est sise à St Jean du Gard. Sa responsable a aussi contribué à l’organisation de la journée « réfléchir la coordo » qui s’est déroulée le vendredi 6 juin au sein du festival « du bruit dans l’arène »

Cette journée « réfléchir la coordo » voit des responsables de coordination de projets se retrouver pour réfléchir ensemble aux problématiques liées à cette fonction. Il s’agit de questionner l’avenir de ce métier en évolution permanente. Ce qui s’impose d’emblée dans cette rencontre, c’est l’osmose immédiate, chacun et chacune se connaît, l’éducation populaire est une réalité collective, partagée et  habituelle. Ce qui frappe c’est la cohésion, le maillage serré de ces mouvements, associations, organismes de formation qui insistent sur ce qui les rassemble plus que sur ce qui les oppose.

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