LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Le donuts des discussions

Publié le 15/10/2026 sur Yakamédia, dans le cadre du groupe de travail « Lutte contre les idées d'extrême droite » des Ceméa.
Deux groupes se placent en cercles concentriques (comme un donuts) : le cercle intérieur fait face aux cercle extérieur. Le premier groupe adresse des propos clivants, le deuxième groupe s'efforce d'y répondre du tac-au-tac.
Cet outil pédagogique engage à réfléchir à nos réactions, à élaborer des pistes, à questionner ainsi les postures pédagogiques, d’accompagnement, ou simplement sa posture de citoyen·ne.
Média secondaire
  • Âge : Adultes, ados 
  • Durée : 40 à 60 minutes
  • Effectif : 10 à 30 personnes. 

Matériel : 

Principe du jeu

Les participant·es sont invités à se diviser en deux groupes égaux : le premier groupe forme un cercle, puis le deuxième groupe forme un deuxième cercle autour du premier. 

Les personnes du cercle intérieur font face à celle du cercle extérieur : le donuts est formé ! 

À tour de rôle, les participants lisent puis répondent à des phrases impliquant des prises de positions clivantes. 

S’ensuit une discussion collective sur les postures et les paroles qui favorisent ou non la discussion.

Objectifs pédagogiques

  • Questionner les postures pédagogiques, d’accompagnement, ou même ses postures en tant que citoyen·ne.
  • Réfléchir aux réactions possibles face à des propos clivants

Conseils d’animation

Les sujets abordés dans cette activité peuvent être émotionnellement difficiles pour les participant·es. L’animateur·ice est garant·e du cadre lors de l’activité. Il ou elle doit s’assurer que l’espace de discussion et d’échange soit bienveillant, sécurisé et respectueux pour permettre une expression libre des participant·es. Il est essentiel de prendre le temps d’expliciter le cadre d’écoute, de non jugement (on peut juger des idées mais pas des personnes) et le droit à l’erreur. 

Lors des temps d’échange, l’animateur·ice doit être vigilant·e à ce que tous les participant·es puissent s’exprimer et que la parole circule (que personne n’accapare la parole). 

À la fin du temps, il est important de préciser que les propos qui ont été partagés par d’autres durant cette activité ne sont pas à réutiliser dans un autre temps.

Déroulement

Avant de commencer, l’animateur·ice alerte sur le contenu des phrases qui peuvent choquer. La possibilité est laissée aux participant·es à tout moment de s’extraire et prendre une posture d’observation. 

Étape 1 - Le donuts

Les participant·es sont installé·es en deux cercles, un intérieur et l’autre extérieur, de sorte à ce que chaque participant·e ait une personne en face de lui ou d’elle (c'est le donuts).

Les personnes se situant sur le cercle intérieur se voient distribuer un papier « situation », sur lequel se trouve une phrase : ils ou elles lisent la situation à voix haute en s'adressant à la personne face à elles (l’option est laissée libre à chacun·e de décider de la jouer ou de la lire de manière neutre). 

La personne en face, sur le cercle extérieur, dispose de 2 ou 3 minutes pour essayer de répondre à l'affirmation qu'elle vient d'entendre.

À la fin du temps, les personnes extérieures se décalent d’une place vers la gauche de sorte à se retrouver face à une personne qui lui lit une phrase différente. 

L’exercice est répété 3 ou 4 fois, puis les rôles sont inversés : les personnes qui répondaient auparavant reçoivent un papier qu'elles doivent à présent lire à la personne en face d’elles. 

Étape 2 - La discussion collective 

Après avoir vécu ce dispositif dans les deux rôles, on ouvre un espace de discussion en groupe. 

Si le groupe est grand, proposer une étape intermédiaire de discussion en petits groupes de quatre. 

L'animateur·ice propose à chacun·e d'échanger sur son ressenti, en tant que personne qui répondait et en tant que personne qui lisait. 

Certains sentiments sont souvent exprimés : le fait de ne pas savoir comment réagir sur le moment, de répondre par l'émotion, ou de ne pas avoir le temps de répondre réellement sur le fond.

Tous ces ressentis peuvent amener à réfléchir et échanger sur les postures à adopter et les éléments qui peuvent rendre possibles ou non la discussion. 

Suggestions pour mener la discussion :

  • Contexte de la discussion : Est-ce le bon moment pour avoir une discussion sur un tel sujet ? Le bon endroit ? A-t-on le temps suffisant pour s’engager dans une telle discussion ? A-t-on la disponibilité mentale à ce moment-là ? Le contexte est-il propice ? 
  • Légitimité de la prise de position : Est-ce son rôle à ce moment-là de répondre (est-ce que le propos est illégal ou hors cadre, ou nous dérange) ? 
  • Comment exprimer un désaccord sans qu’il soit perçu comme un jugement de la personne ? Comment maintenir une posture de dialogue ? 
  • Que peut-on proposer d’autres que cette discussion rapide ? Il est alors possible de proposer de rediscuter de ces éléments plus tard ; d’envoyer des ressources complémentaires ; d’organiser un temps dédié à ces sujets avec le groupe de jeunes… 
  • Comment parler de sujets tabous comme la politique dans nos espaces (en accueil collectif de mineur·es, en maison de quartier…) 

En fonction des besoins du groupe, une autre étape peut être mise en place, durant laquelle l’animateur·ice fait apporte des informations sur les phrases choisies : l’utilité des lois, le circuit législatif, le fonctionnement du régime représentatif actuel, le rôle de la police, la philosophie humaniste derrière l’abolition de la peine de mort...

Pour aller plus loin

Toutes les ressources Yakamédia pour Lutter contre les idées d'extrême droite sont en libre accès !