LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

La dynamique des groupes par Dominique Oberlé

Publié le 02/07/2026 sur Yakamédia. Une lecture recommandée dans la revue VEN n°602, juillet-septembre 2026, rubrique « Biblio du pédago ».
Dominique Oberlé est professeure émérite de psychologie sociale à l’Université Paris-Nanterre et membre du Laboratoire Parisien en Psychologie Sociale (LAPPS). Elle est également formatrice et consultante dans des organismes et entreprises.
Dans La dynamique des groupes (PUG), Dominique Oberlé explore les mécanismes psychologiques qui régissent le fonctionnement des groupes et leur impact sur la communication, la prise de décision et la coopération. Cet ouvrage est une ressource essentielle pour les pédagogues soucieux de comprendre comment structurer et optimiser le travail en groupe dans un cadre éducatif.
Média secondaire

L’apprentissage est un processus profondément social, influencé par les interactions et les dynamiques collectives. Dans La Dynamique des groupes, Dominique Oberlé explore les mécanismes psychologiques qui régissent le fonctionnement des groupes et leur impact sur la communication, la prise de décision et la coopération. Cet ouvrage est une ressource essentielle pour les personnes qui exercent une fonction pédagogique et sont soucieuses de comprendre comment structurer et animer le travail en groupe dans un cadre éducatif.

Quant au commandement laisser-faire, c’est lui qui provoqua le taux d’agressivité le plus élevé.

Extrait

Un groupe ne se limite pas à la somme des individus qui le composent. Il possède des normes, des statuts et des rôles qui influencent la participation de chacun·e. L’ouvrage analyse des concepts fondamentaux. La cohésion de groupe favorise l’entraide et l’engagement collectif. Les phénomènes d’influence sociale peuvent modeler les comportements et les prises de position des individus. Comprendre ces mécanismes est crucial pour celles et ceux qui enseignent, font de la formation, et cherchent à instaurer un climat d’apprentissage inclusif afin de favoriser l’émancipation.

[Le] besoin [d’auto- évaluation] pousse à rechercher la comparaison avec un autrui pas trop éloigné de soi (comme on en trouve en particulier dans nos groupes d’appartenance), chaque fois que, pour évaluer la justesse de ce que nous pensons, des critères objectifs font défaut.

Extrait

Dominique Oberlé met en évidence plusieurs phénomènes qui influencent la performance et la motivation au sein d’un collectif. L’effet de facilitation sociale améliore la performance des individus lorsqu’ils et elles sont en présence de leurs pairs. Le phénomène de paresse sociale qui décrit une diminution de l’effort individuel dans un travail de groupe. Il peut apparaître lorsque la responsabilité individuelle se dilue dans le travail collectif. À l’inverse, ce phénomène est moins présent lorsque le travail de groupe valorise ses membres. Enfin, l’opinion de la majorité, appelée l’influence majoritaire, façonne les décisions et l’adoption de nouvelles idées au sein du groupe. Pour maximiser les bénéfices de l’apprentissage en groupe, l’autrice souligne l’importance d’une structuration claire des activités collaboratives.

Le rôle du commandement dans la dynamique de groupe

Un des aspects majeurs explorés par Dominique Oberlé est la question du commandement. Dans tout groupe, certaines personnes émergent comme figures d’influence, jouant un rôle clé dans l’organisation et la motivation collective. L’ouvrage en distingue plusieurs types. Le commandement autoritaire, où un individu impose des décisions sans réelle concertation avec les autres membres. Ce mode de fonctionnement peut être efficace en situation d’urgence mais risque de limiter l’implication et la créativité du groupe. Le commandement démocratique, où les décisions sont prises collectivement, en prenant en compte les avis et compétences de chacun·e. Ce modèle favorise l’engagement et la motivation, bien qu’il nécessite un cadre structuré pour éviter la dispersion des efforts. Le “laisser-faire”, la personne qui a la fonction de commandement intervient peu, laissant le groupe s’auto-organiser. Ce modèle peut être bénéfique dans des équipes très autonomes mais risque d’engendrer un manque de direction. La difficulté de construire un objectif de groupe provoque de la frustration et accroît le risque d’agressivité entre les personnes. L’autrice insiste sur l’importance d’un commandement adapté au contexte et aux objectifs du groupe. Pour les pédagogues, cela signifie savoir jongler entre ces différents styles afin de guider leurs élèves ou leurs apprenant·es vers un travail collectif efficace et harmonieux.

Dossier "Dans la biblio des pédagogues"

Des ouvrages décryptés, expliqués et à avoir dans sa bibliothèque de pédagogue
Visiter