LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

L'influence de TikTok sur les croyances de jeunes

Les fondations Reboot et Jean-Jaurès ont commandé une enquête à l’Ifop « visant à mesurer leur porosité aux contre-vérités scientifiques au regard de leur usage des réseaux sociaux ».
Média secondaire

Un jeune Français de 11 à 24 ans sur six pense que la terre est plate. Vingt-cinq pour cent d’entre eux doutent de la théorie de l’évolution et 35% croient en la réincarnation, contre 20% en 2006. Ces chiffres peuvent surprendre, voire inquiéter, mais ils révèlent surtout une nouvelle manière de consommer l’information et de vivre la société.


Génération Covid

La pandémie de Covid-19 a fragilisé la confiance des jeunes à l’égard de la communauté scientifique. En effet, très influencés par le professeur Didier Raoult malgré le manque de confirmation scientifique de ses thèses, ils sont 25% à trouver efficace l’hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19. Plus inquiétant encore, ils sont 32% à penser que « les vaccins à ARNm [...] génèrent des protéines toxiques qui causent des dommages irréversibles dans les organes vitaux des enfants ». Un quart des jeunes et jusqu’à 36% des utilisateurs pluriquotidiens des réseaux sociaux adhèrent à l’idée que l’« on peut avorter sans risque avec des produits à base de plantes ». Et ce chiffre monte à 48% pour les jeunes filles qui utilisent Télégram.

Cemea

Un effet d’âge ?

Alors que 59% des jeunes croient en au moins une superstition à caractère occulte, c’est le cas chez seulement 21% des seniors, soit un écart de 38 points. Signe que cette crédulité serait un effet d’âge ? En 1986, Daniel Boy, directeur de recherche au centre de recherche de Science Po, supposait déjà que chez les jeunes « l’adhésion à ces systèmes de pensée a [une] valeur de refuge ou de substitut idéologique pour des classes d’âge dont l’intégration sociale n’est pas achevée – statut conjugal, professionnel, social ». Les jeunes sont plus facilement crédules oui, mais pas seulement. Des critères comme le genre ou le rapport à la religion favorisent ce type de croyance. Néanmoins, un nouveau critère devient déterminant : l’usage des réseaux sociaux, et plus particulièrement de TikTok. En effet, 67% des utilisateurs pluriquotidiens adhèrent à au moins une superstition, contre 42% de celles et ceux qui ne l’utilisent pas.

Quand on sait que les jeunes se servent de TikTok comme moteur de recherche, il est urgent de les sensibiliser aux fake news et autres tentatives de manipulation.