LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

L’astronomie en jeux de mime

Jouer les planètes et les étoiles avec son propre corps aide à se construire une représentation de notre environnement spatial. Inventer des jeux pour vivre le ciel.
Média secondaire

Image par WikiImages de Pixabay


 

La maquette du système solaire trouve vite ses limites et bien des enfants ont besoin de se mettre en situation pour valider certaines notions. Voici quelques exemples qui peuvent permettre de travailler avec des enfants.

Le pays qui s’appelle "mon nez"

Le soleil peut être figuré par une balle, par le fond de la salle et bien sûr par le soleil lui-même.

C’est d’abord la tête de l'animateur puis celle d’un enfant qui  représente la Terre. Le Terrien qui témoigne habite sur le nez de l'acteur Terre. Si le Soleil est représenté par un enfant au centre de la salle (la scène), on peut alors montrer le déplacement en une année et même introduire les douze mois de I’année. À partir de la position "midi" que les enfants assimilent rapidement, on peut trouver la position minuit et mettre en jeu la nuit et le jour. En décrivant un tour sur elle-même en 24 heures. la Terre, heure par heure, va voir le Soleil se coucher vers 18 heures et se lever vers 6 heures. Pour indiquer le sens de rotation, vous pouvez tendre le bras droit vers le "Soleil". Vos doigts pliés indiqueront la direction évidemment contraire au déplacement apparent de l'étoile.

En levant les bras latéralement à I'horizontale, l’acteur Terre pourra situer l'horizon Est et Ouest et visualiser les heures valables pour l'horloge de "mon nez". Une vérification rapide peut se faire en trouvant simultanément les heures de mon nez, mon oreille droite et mon oreille gauche.

Le penchant de la terre

ll est possible, avec un projecteur, de créer de bonnes conditions pour comprendre les saisons sur un pays qui s’appelle "mon front" (Ie nez étant souvent trop long !). Ce mime complémentaire des autres animations et maquettes semble conforter les acquis par ses aspects ludiques.

Un acteur supplémentaire : la Lune

Une balle de 6 à 8 cm transpercée par une aiguille à tricoter peut faire l`affaire. La moitié de la sphère est peinte en noire pour figurer la face cachée que l’acteur Terre ne devra jamais voir, obligeant l'acteur Lune à tourner progressivement au cours de son déplacement autour de la Terre. On peut également imaginer un Sélène habitant clans le cratère Hipparque qui observerait la terre en lui faisant toujours face. Il faut toujours commencer par entraîner la Lune à tourner régulièrement et rappeler les repères de l'horloge de "mon nez". Si le soleil est de la partie ou si l'on allume le projecteur l'acteur Terre peut témoigner des phases de la Lune ainsi que les enfants placés derrière lui.

Une éclipse de projecteur (ou de soleil)

Elle peut être créée sur un pays qui s'appelle mon nez. La Terre en tournant mettra en évidence le déplacement de l'éclipse. ll est également très simple de figurer une éclipse de Lune. À noter que les acteurs utilisent systématiquement les ombres des personnages pour contrôler le phénomène et maîtriser les ombres.

Vers la complexité

Maintenant que les enfants maîtrisent les mouvements de scène essentiels, vous pouvez ajouter les acteurs suivants. Jupiter, Saturne et Mars : selon l'heure de mon nez, les enfants peuvent alors prévoir la visibilité des planètes et leur place dans le ciel. Vénus, planète intérieure, nécessite une mise en scène rigoureuse et un plateau assez grand.

Une comète arrivant des coulisses, progressivement attirée par le Soleil, peut apparaître et accélérer son mouvement en s'approchant de l'étoile dont elle fait le tour avant de repartir et de ralentir. On peut imaginer un astronome de "mon nez" qui observe le déplacement d'une comète et devient ainsi son inventeur.

Si la Terre reprend alors son tracé annuel, son passage, à une date donnée, dans le nuage de poussière laissé la par la comète. on pourra expliquer les étoiles filantes.

Quelques étoiles en fond de scène pourront alors figurer le ciel dont on pourra admirer le mouvement apparent.

La polaire est difficilement mimable mais les enfants comprennent bien que sa place au-dessus du pôle implique son immobilité.

Vous pourrez peut-être aussi placer des enfants à des distances inégales du Soleil. Leurs têtes, vues de la Terre. figureront ainsi une constellation connue (Cassiopée, notamment). ■

Et l’astrologie ?

  • Pour aborder avec objectivité ce sujet sensible, je représente chaque constellation du zodiaque par un élève qui porte un panneau indicateur. L’acteur Terre peut alors faire constater l’alignement théorique de chaque constellation en fonction de la position du Soleil.
  • On pourra à ce moment introduire des bandes carton figurant la position et la dimension exactes des constellations, à notre époque, en fonction des mois. Le décalage observé entre la réalité et la théorie peut amener dans certains lieux à une réflexion salutaire...

 


Article publié dans les Cahiers de l’Animation – Vacances Loisirs n°26, Avril 1999