Grand theft auto V - jeu vidéo
Pour les profanes, les « GTA » sont cette série de jeux dans lesquels on incarne un petit truand dans une métropole imaginaire. Dans lesquels on peut renverser les passants à bord d’un bolide que nous venons de car-jacker. Dans lesquels les conflits se règlent à l’arme automatique. Où on peut même s’offrir les services d’une prostituée virtuelle. Et pourtant, de nombreux éducateurs ont frissonné à l’écoute de – trop – jeunes joueurs leur décrivant leurs exploits dans ce monde ouvert aussi immersif que violent, d’où sont d’ailleurs absents les enfants.
Toutes les représentations autour de cette licence sont issues de malentendus. Un « jeu », fût-il vidéo, n’est pas qu’un loisir d’enfant. Comme dans les films, montrer la violence gratuite d’une pègre peut aussi servir à en dénoncer les rouages. Les personnages incarnés dans des jeux vidéo, comme en littérature, peuvent aussi être des anti-héros. Et la liberté de faire le mal dans un espace virtuel ne signifie ni que ce comportement soit cautionné, ni qu’il s’agisse d’un entraînement à le faire dans la vie réelle, sinon que dire du jeu traditionnel « mort à…, vie à » ?
GTA V, en particulier, est l’aboutissement d’un studio qui rend hommage au cinéma US dans chacune de ses créations. Une prouesse technique qui nous transpose sur une carte immense, au milieu d’une simulation bluffante de la vie urbaine, dans l’histoire de trois personnages. Des dialogues dignes des plus grandes œuvres dédiées à l’exploration des vices d’une société américaine malade de son fric roi, de sa culture des armes à feu et de ses contradictions puritaines. Non, GTA n’est pas un jeu pour enfant : c’est un chef d’œuvre pour adultes.
GTA V
Éditeur Rockstar
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Pegi 18