Pamphlet anti-consumériste

Pas un jour sans mise en garde, sans avertissement, qui pour notre bien lancent des alertes tous azimuts et pourtant on achète sans cesse on se laisse dicter nos dépenses par une doxa alléchante qui annihile trop souvent nos bonnes intentions. Mais il existe des alternatives.
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Média secondaire

Les appels publicitaires, la faconde des créatifs appuient là où ça fait fait tilt. Il est de moins en moins facile de ne pas se laisser embarquer sur le paquebot de la société de consommation et de résister aux trop nombreuses et incessantes sollicitations. Savoir dire non, se rebeller, ça s’apprend, ça s’acquiert et la formation peut se révéler un vecteur efficace pour se construire un kit de survie en milieu marchand.


 

Quand tu consommes, tu es sommé.e, sommé.e de te conformer à, de te vautrer (dans un confort relatif) sur le canapé d'une norme qui t'échappe mais à laquelle tu ne peux échapper, tu es normé.e, confiné.e au normal, normalisé.e ou sonné.e mais pas vaincu.e par l'obligé du droit chemin, de la majorité panurgienne.

Quand tu consommes, tu peux te laisser porter par l'ombre du pécuniaire ou décider de te laisser aller à une dépense de toi, de ta pensée, de ton libre arbitre, de ton jugement, de ton opinion.

Quand tu consommes, tu es prisonnier.ère du joug d'un goulag occidental et capitaliste t'intimant l'ordre d'obéir sous peine d'ikéa non conformité et de te ranger aux aspirations du plus grand nombre ou tu t'évades en douce par le désir d'être autre et pas comme, par une inspiration gorgée d' interrogations et de sens politique hors du commun.

Quand tu consommes, tu disparais de l'intérieur, tu te dissous dans l'acide social et sociétal, tu permets au ténia publicitaire de se gaver du plein de ta conscience pour s'épanouir en créant le vide en toi jusqu'à l'évanouissement ou tu anticipes par pensée homéopathique la naissance de ce ver solitaire.

Quand tu consommes, tu as le droit de ne rien décider du tout, de ne rien vouloir décider, d'accepter la tournée générale offerte à la masse, le doigt sur la couture du pantalon, répondant aux injonctions de madame société ou tu décides de décider de tes modes d'agissement et de choisir ta nourriture terrestre au gré des possibles que tu as inventés. Tout dépend de la place qu'on te laisse sur le curseur, sur l'échelle de la libre pensée, tout dépend de la place que tu as, qu'on t'a donnée, dans quelle case on t'a mis.e, quel casier on t'a alloué, tout dépend du degré d'autonomie autorisé, de la limite au delà de laquelle ton ticket n'est plus valable.

Alors, si tu consommes, il faut résister, dysconsommer, dire no, nein, niet, non aux impératifs de l'illusion libérale qu'on t’assène à grands coups de batte médiatique.

Si tu consommes, il faut prôner l'ascétisme et l'abstinence au conformisme, préférer l'esthétique au clinquant, le sens au sensationnel et la scansion de la poésie au scandale et par-dessus tout faire la grève du silence et le plein d'une insurrection distillée avec intelligence et détermination.

Si tu consommes, il faut gueuler ton trop plein de bile et boucher l'évier de la bienséance avec les reliefs de tes festins de roi.reine, il faut démolir patiemment et pas à pas les édifices que les codes ont érigés, il faut onzeseptembriser la réalité du mal dominant, libérer la liberté, et la faire libertaire.

Si tu consommes, il faut te blesser aux tessons de l'adversité, être Jeanne Hachette ou Don Quichotte, Louise Michel ou Gargantua, il faut nettoyer les écuries de la fatalité. Si tu consommes, il faut circuler hors des sentiers battus, il faut passer outre les diktats et les dazibaos de la bonne conscience et de ses invitations à la fermer. Il faut inciser l'immobilisme, convoquer la déception, l'amertume, le découragement et leur faire leur fête.

Si tu consommes, il faut affirmer ton hasbeenité oh combien pour t'extirper de l'ordre des expert.e.s machin truc, donneur.euses de leçons politiques pour verser dans un désordre tapageur et révolutionnaire.

Si tu consommes, il faut que tu trouves une parade pour contourner les chevaux de frise du pouvoir, de n'importe quel pouvoir. Si tu consommes, il faut que tu caresses les affres de la poésie, que tu te confrontes au bateau ivre et que tu ailles au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.

Enfin, si tu consommes, il faut prendre le maquis et pendre le profit à la plus haute vergue, il faut ciseler des alentis anti conformistes et revenir à une vitesse à dimension humaine et humaniste. Alors seulement, tu pourras envoyer valser les conseilleurs.euses et les renvoyer à leurs études, alors seulement, seulement tu pourras consommer à ta guise et t’enivrer du thé de l’utopie