LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions

Publié le 20/03/2026 sur Yakamédia à l’occasion de la journée internationale du 25 mars et de la journée nationale du 10 mai.
Les journées de commémoration, au-delà de l'aspect mémoriel, sont des occasions éducatives, des invitations à s’emparer de sujets difficiles et nécessaires. La mémoire de l’esclavage est un sujet important de réflexion citoyenne, qui peut être abordé de manière interdisciplinaire. Pour ce faire, de nombreux outils sont à la disposition de la communauté éducative.
Média secondaire

En 2001 la France a déclaré la traite négrière et l'esclavage « crime contre l'humanité ». Le 10 mai a été déclaré Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition.

« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVème siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. » Article 1 de la loi n° 2001-434 du 21 mai 2001.

En 2006, ce sont les Nations Unies qui ont reconnu que « la traite des esclaves et l’esclavage sont à compter parmi les plus graves violations des droits de l’homme dans l’histoire de l’humanité ». L'année suivante, le 25 mars est désigné Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

 

L’arme la plus puissante de notre arsenal est l’éducation (…) En enseignant l’histoire de l’esclavage, nous contribuons à nous prémunir contre les instincts les plus vils de l’humanité. En étudiant les postulats et les croyances qui ont permis à cette pratique de prospérer pendant des siècles, nous mettons au grand jour le racisme de notre époque. En honorant les victimes de l’esclavage, nous redonnons un peu de dignité à celles et ceux qui en ont été si impitoyablement dépouillés.

 

António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, 2021.

Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes

Le Mémorial de Nantes, d’une portée internationale n’a pas vocation à expliquer l’histoire. Il se veut être un point d’ancrage et de repère dans la construction d’une conscience collective refusant toute forme d’asservissement et affirmant la richesse et la diversité humaine. Ce monument en souvenir des victimes de la traite et de l’esclavage est le plus important d’Europe et l’un des plus grands au monde. Le mémorial met à disposition une documentation pédagogique accessible librement en ligne.

L’esclavage d'hier et d'aujourd'hui, un parcours pédagogique proposé par le Mémorial de l'abolition de l'esclavage.

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Lieux de mémoire et d’histoire en métropole et dans les Outre-mer

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage est un centre de ressources et d’accompagnement pour toutes celles et tous ceux qui s’intéressent à la mémoire l’esclavage colonial pour lutter contre le racisme et les discriminations. Elle propose notamment une base de données des lieux de mémoire et d’histoire consultable en ligne.

Le site de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage propose un annuaire des lieux de mémoire dans le monde.

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Programmes d'enseignement et ressources pédagogiques

Dès l'école élémentaire et le collège, les enseignements, en particulier d'histoire-géographie, permettent à tous les élèves d'acquérir des connaissances sur la question de l'esclavage. Éduscol, le site du ministère de l’Éducation nationale, propose une page thématique de ressources pédagogiques sur les mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. On y retrouve notamment le dossier La place de l’esclavage, ses formes et ses mémoires dans les programmes scolaires pour identifier des occasions et encourager des croisements interdisciplinaires en collège et en lycées.

Mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, la page thématique du ministère de l’Éducation nationale.

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Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. Mais je n'ai pas le droit de me laisser ancrer. (...) Je n'ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l'Esclavage qui déshumanisa mes pères. (...) Moi, l'homme de couleur, je ne veux qu'une chose : Que jamais l'instrument ne domine l'homme. Que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme.

 

Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, 1952, extraits