LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Culture en perfusion ou culture gastronomique

Que sont devenues les pratiques culturelles depuis le confinement ?
Média secondaire
La lecture de la définition du « repas gastronomique des Français », une des premières traditions culinaires enregistrées sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l’UNESCO en 20210, m’a fait établir une relation entre cette pratique à l’opposé de l’alimentation des malades sous perfusion à l’hôpital avec ce que sont devenues nos pratiques culturelles depuis mars dernier.

Le repas gastronomique des Français est défini comme :

Une pratique sociale destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes »:

Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature, le partage, l’association avec le vin, le lien aux terroirs, la découverte de nouvelles saveurs… Il resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux.

Un patrimoine à transmettre :

Pour sauvegarder le repas gastronomique des Français, il faut valoriser les produits et les savoir-faire culinaires, encourager le tourisme gastronomique sur les territoires, promouvoir le modèle alimentaire français à l’étranger, transmettre ces valeurs a aux jeunes générations en particulier.

A l’opposé, la nutrition par perfusion intraveineuse

est une pratique de survie, qui permet de nourrir certains types de malades, grâce à un mélange de nutriments indispensables à l’organisme, apportés directement, dans la circulation sanguine, conditionnés dans des poches stériles et acheminés à l’aide d’une pompe. Cette distribution très aseptisée, en circuit clos, est individualisée, adaptée à la pathologie du malade, élaborée par une équipe médicale pluridisciplinaire.

Et si on déclinait cette distinction à nos pratiques culturelles en temps de confinement ?

Cemea

Les pratiques culturelles et artistiques sont définies comme :

Une pratique sociale destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes. Elles mettent l’accent sur le fait d’être bien ensemble, la convivialité, le plaisir du beau, le partage des émotions, l’éveil de l’imaginaire, la découverte de l’esprit critique, la conscience politique, la confrontation à l’altérité, la découverte d’autres mondes, la contribution à la construction d’une culture humaine commune, vers une société plus juste, plus égalitaire, plus humaniste. Elles élargissent le cercle familial et amical et, plus généralement, renforcent les liens sociaux. Les pratiques culturelles répondent aux besoins humains fondamentaux d’expression, de symbolisation, de représentation du monde, d’émancipation.

Un patrimoine à transmettre :

Pour sauvegarder les pratiques culturelles et artistiques des Français, il faut rencontrer les œuvres et leurs créateurs, encourager la confrontation avec le réel et la complexité, promouvoir le débat et l’échange, transmettre ces valeurs aux plus jeunes et/ou publics plus éloignés.

Les pratiques culturelles digitalisées

Une pratique isolée, chacun chez soi, devant un écran… Une pratique de survie, qui favorise certains objets, modèles ou circuits culturels, apportés essentiellement par la technologie numérique et les écrans, un ersatz de culture.

Cette consommation d’objets culturels virtuels, via des circuits plus ou moins étanches selon le public visé, choisis par d’autres qui savent ce qui est bon pour vous… renforce les fractures sociales et culturelles, le repli sur soi identitaire jusqu’à la paranoïa.