LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Être jeune dans les Outre-mer

Démographie, études, emploi, situation familiale : des travaux de recherche pésentés par la revue de l'INJEP vient éclairer les singularités de la jeunesse ultramarine.
Que savons-nous des jeunesses ultramarines ? Représentent-elles une population à part dans le paysage démographique et socio-économique français ? Existe-t-il une spécificité de ces jeunesses en dépit de leur appartenance à des zones géographiques et culturelles hétérogènes ? Dans un récent numéro de la revue Agora Débats/Jeunesse, l’Injep ouvre ses pages à des chercheurs et chercheuses qui documentent et étudient les parcours des jeunes d’outre-mer à partir de données issues d’enquêtes conduites par l’Ined entre 2009 et 2020.
Média secondaire

Pour les cinq départements et régions d’Outre-mer (DROM), Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique et Mayotte, la part des 15-29 ans est comparable à celle de l’Hexagone (17 %), à l’exception de la Guyane (23,4 %)*. L’évolution annuelle de la population y est aussi semblable, sauf pour la Guyane et Mayotte où elle est plus soutenue (respectivement 2,4 et 3,8) et où le taux de fécondité est aussi bien supérieur (respectivement 3,5 et 4,4 contre 1,8 pour la France entière). Le constat est plus contrasté quand on observe la formation et l’emploi. Sur ces mêmes territoires, la part des peu ou pas diplômés parmi les plus de 15 ans est très supérieure à la moyenne hexagonale (27,2 %) : plus des deux tiers à Mayotte et la moitié en Guyane. Quant au taux de chômage des 15-24 ans, il avoisine les 50 % dans les DROM, à l’exception de La Réunion, qui affiche un taux de 27,2 %, identique à celui de la France entière.

Devenir adulte sous condition

À quel moment les jeunes Ultramarins prennent-ils leur indépendance et en trouvent- ils les moyens ? Comme en Métropole, il n’existe pas un parcours type qui déterminerait le devenir des jeunes d’Outre-mer. En 2020 à La Réunion, près de deux tiers des jeunes disaient avoir eu un premier emploi avant 25 ans, un quart des hommes l’ayant connu avant 20 ans (contre 13 % pour les femmes). En Guadeloupe et en Martinique, plus d’un quart des jeunes de 15 à 29 ans, pour la période de 2015 à 2019, ne sont ni en étude, ni en emploi, ni en formation, plus du double qu’à l’échelon national (13 % en France, hors Mayotte). À la Réunion, 73 % des jeunes quittent le domicile familial avant 25 ans. Ailleurs dans les DROM, le départ de chez leurs parents est plus tardif que pour l’ensemble des jeunes Français mais plus précoce chez les femmes. Pour les auteurs de cette étude, au-delà de la solidarité familiale, « la qualité des relations avec les parents conditionne les décisions des jeunes quant au franchissement des étapes de l’entrée dans la vie adulte. » La dimension insulaire joue aussi un rôle avec la question de la migration régionale ou vers la métropole. Quitter ou non l’île où l’on est né, rejoindre ou non une île voisine ou l’Hexagone est une question qui unit en effet les jeunesses ultramarines.

CRÉDIT PHOTO : Christian Gautellier