Les chaises musicales coopératives
Dans cette version coopérative des chaises musicales, personne n’est éliminé : à mesure que les chaises disparaissent, les joueuses et les joueurs doivent s’organiser, s’entraider et inventer ensemble des solutions pour que tout le monde puisse rester en jeu.
Mise en place
Nombre de personnes
8 à 40 (en adaptant l’espace)
Temps
15 à 30 minutes
Matériel
- Des chaises solides
- Une source musicale
Espace
Lieu permettant de se déplacer.
But du jeu
Parvenir à ce que toutes les personnes soient en contact avec une chaise, malgré la diminution progressive de leur nombre.
D’une chaise pour soi à une place pour tous et toutes

Au départ, il y a autant de chaises que de personnes en jeu. Pendant la musique, tout le monde circule. Lorsqu’elle s’arrête, le groupe doit s’organiser pour que chaque personne trouve une place en étant en contact avec au moins une chaise et sans aucun contact avec le sol. À chaque manche, une ou plusieurs chaises sont retirées. Le défi devient alors collectif : comment rester toutes et tous en jeu, malgré la contrainte qui s’intensifie ? Si la version habituellement jouée reposait sur l’élimination et la rapidité individuelle, celle-ci invite à changer de logique : il ne s’agit plus de gagner une place contre les autres, mais de la construire ensemble. Se précipiter devient donc inutile et inefficace et il faudra souvent quelques parties pour déconstruire les habitudes. Le groupe doit donc inventer, se serrer, répartir les appuis, soutenir, porter parfois : les corps deviennent des ressources partagées. La réussite collective dépend d’une attention fine aux possibilités de chacun, non par principe abstrait, mais parce que cela conditionne l’équilibre de l’ensemble et la participation effective de chacun. Le plaisir ne vient plus de battre les autres, mais de réussir ensemble. Sans que cela soit imposé, et tant que la règle proposée ne l’interdit pas, il est possible de laisser émerger des initiatives : déplacer les chaises, utiliser l’espace autrement, s’appuyer sur du mobilier existant.
Un plaisir collectif à analyser... si besoin
L’animateur ou l’animatrice joue ici un rôle discret mais essentiel. Il ne s’agit pas de diriger les solutions ni d’optimiser à tout prix la réussite, mais de laisser le groupe chercher, tâtonner et s’organiser. Observer sans intervenir trop vite permet de voir apparaître des prises de pouvoir, des effacements ou des ajustements. Des interventions légères peuvent alors soutenir la régulation : rappeler le cadre, sécuriser les corps, permettre les expressions ou relancer par une question simple. Cette posture, non directive mais exigeante, vise à permettre à chacun·e de trouver sa place, sans instrumentaliser le jeu. Celui-ci se termine quand le groupe décide qu’il a atteint sa “meilleure performance” collective. Un court temps d’échange peut permettre de revenir sur ce qui s’est joué : à quel moment le groupe s’est organisé ? Qu’est-ce qui a aidé ou freiné ? Qui a pris de la place, qui en a manqué ? Sans transformer le jeu en leçons, ces retours ouvrent des pistes pour mieux comprendre nos dynamiques collectives.
Des jeux coopératifs pour grandir en solidarité
Fondés sur des relations de solidarité, les jeux coopératifs excluent toute relation d’opposition entre des personnes qui cherchent ensemble à atteindre une réussite commune, définie ou non à l’avance. Parfois, l’enjeu n’est pas d’atteindre un résultat précis, mais de faire l’expérience de jouer ensemble, se coordonner, se rencontrer et faire lien. Dans tous les cas, ces jeux se déploient sans adversaire, sans élimination et sans score venant mesurer la supériorité d’une ou de plusieurs personnes.
Ce jeu fait partie du cahier Jeux coopératifs – 60 jeux pour grandir en solidarité co-édité par les Ceméa Suisse et l’association EnVies EnJeux.