LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Santé mentale : La médiation animale

La médiation animale n’est pas une pratique courante dans le domaine de la santé mentale. Pourtant, au contact des enfants notamment, les animaux sont révélateurs de troubles comportementaux grâce à leur regard non jugeant. Analyse de la pratique avec Fabienne Kutenn, Equicienne.
Média secondaire

La médiation animale consiste à mettre en relation un patient avec un animal choisi en fonction des troubles du patient. Il s’agit de déduire une partie des troubles du patient en fonction de sa réaction ou de celle de l’animal. Attention ce n’est pas une thérapie. Elle est utile en définissant le bon cadre en collaboration avec un professionnel de santé, qui peut être thérapeute. « Ce n’est pas l’animal qui est thérapeutique, c’est le cadre que l’on met autour » comme nous le rappelle justement Fabienne Kutten, Equicienne (mise en relation d’une personne en situation de handicap ou de fragilité et d’équidés) et militante des CEMEA.

La médiation animale : une démarche éducative

« C’est l’enfant qui va trouver l’animal qui convient le plus à sa médiation donc plus il y en a plus on peut travailler » .

Dans le cas d‘un enfant souffrant de trouble du comportement par exemple, il s’agit de laisser choisir l’animal avec lequel il se sent le plus en confiance. Car c’est grâce à cette relation privilégiée entre l’animal et l’enfant que la lecture comportementale est possible. D’ailleurs comme le rappelle également Fabienne « Quand un animal en présence d’un enfant n’a pas le même comportement que d’habitude on peut se poser deux questions : ou bien l’animal est malade ce qui est possible ou alors, ce qui est souvent le cas, c’est une lecture qu’ils font de l’enfant »

L’équicie : Pourquoi ? Pour qui ?

Monter sur un cheval ce n’est pas forcément donné à tout le monde et en travaillant ensemble en s’entraidant à monter sur un cheval ça crée du lien entre les publics fragiles”.

L’équicie (médiation avec le cheval) s’adresse particulièrement aux publics dit invisible. La pratique du cheval est un moyen idéal pour redonner à ces publics confiance en eux et recréer un lien social par l’expérience commune de la pratique du cheval.

Une démarche pour prendre soin des publics fragilisés

Le cheval peut faire quelque chose que les autres animaux ne font pas : c’est le portage. Pour les enfants ça représente la fonction maternelle, de nombreux enfants souffrant de troubles ont justement eu un défaut de portage tout petit et ça leur permet de combler en partie ce manque” nous explique Fabienne.

Mais pas seulement. Pour un enfant handicapé moteur et contraint de se déplacer en fauteuil roulant par exemple le portage du cheval va représenter une élévation et lui permettre de dépasser les autres et d’oublier , au moins un instant, son handicap . La portée symbolique de cette élévation est essentielle pour leur permettre de reprendre confiance en eux.