LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Créer sa marionnette, jouer avec…

L’univers de la marionnette, qu’on l’aborde par sa réalisation ou/et par le jeu, ouvre la porte à une découverte de soi et des autres.
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Média secondaire

Si l’on peut penser spontanément que les marionnettes et leur fabrication s’adressent davantage à des jeunes enfants, proposer cette activité y compris à un public adolescent peut s’avérer très pertinent. Les possibilités de création et le champ de réflexion ouvert favorisent l’expression à travers de nombreux questionnements et thématiques. Créer une marionnette est déjà en soi une activité (manuelle) permettant à celles et ceux qui la fabriquent de se connecter à leurs sensations corporelles. L’enfant ou le jeune est amené à manipuler avec ses mains des matériaux de différentes textures (fil, sac plastique, boule de glaise, tissus) qu’il peut découvrir et appréhender.

Le choix et l’assemblage des matériaux rendent possibles une recherche créative, l’invitant à être à l’écoute de ses capacités et de ses envies. Dans toute création, l’imaginaire se crée via le prisme des perceptions et des émotions. Ainsi l’enfant crée de lui-même et manifeste son propre univers.

 

Un moyen d’expression

Cemea

Une fois la ou les marionnettes créées, le jeu libre ou la recherche de mises en scène dans lesquelles l’animateur peur intervenir pour suggérer, voir même orienter vers l’élaboration d’un spectacle tout en respectant la liberté du jeune, permettront de nouveau à l’enfant de s’exprimer. Rendre vivant un objet est une activité d’expression et de dialogue avec les autres. En tant qu’acteur, le marionnettiste présente et explore son rapport au monde. En tant que spectateur, le jeune projette son expérience personnelle. Il s’agit d’un véritable moyen pour l’enfant d’expérimenter un aller-retour entre « voir et faire », ce qui enrichit son potentiel de développement.

Les marionnettes sont des objets et donc ne risquent pas de souffrir du jeu. Ainsi, l’enfant peut faire agir sa marionnette de différentes manières, comme il le souhaite. S’il va jusqu’à la malmener, cela ne porte pas à conséquence. Les jeux deviennent alors des espaces de prises de risques, de péripéties, de démonstrations qui autorisent l’enfant à faire et à dire ce qu’il ne peut ou n’oserait pas. L’enfant construit son rapport à ce qui est irréaliste, impossible ou interdit, et ainsi expérimente une certaine forme de liberté.

Jouer pour échanger

 

Le jeu de marionnette est clairement le fruit d’une manipulation. C’est aussi bien une réalité concrète qu’une métaphore. L’activité marionnette peut donc recouvrir un intérêt certain notamment pour des adolescent·es qui se construisent dans des rapports d’influence parfois très conflictuels. Ainsi, au-delà de l’expression, le jeu de marionnette est un bon moyen de porter à la connaissance des autres et surtout des adultes des situations qui posent question et que le jeune n’ose pas forcément aborder. Le spectacle de marionnette reste donc un bon moyen d’ouvrir à la discussion et de mettre en perspective des sujets de fond. À la manière d’improvisations théâtrales, il n’y a pas de sujets tabous qui ne puissent être abordés. Reste à créer un cadre sécurisant et bienveillant pour le groupe, avec pour toile de fond le respect de l’investissement de chacun et chacune qui n’auront plus alors qu’à prendre du plaisir à jouer.