LA MÉDIATHÈQUE ÉDUC’ACTIVE DES CEMÉA

Les élèves mangent bio à la cantine de Mouans-Sartoux !

De la terre à l’assiette, le projet alimentaire territorial soutient un mode de vie durable et local qui profite à plus de mille enfants.
Média secondaire

Aujourd’hui, on vient de loin pour fouler les espaces agricoles sauvegardés de la commune de Mouans-Sartoux dans un département des Alpes Maritimes où le prix du mètre carré donne le vertige, car ici on veut manger local et on veut aussi bien manger. C’est un projet global, massif, ancré dans le long terme qui trace sa route au gré des initiatives et des opportunités.

« Le déclenchement de notre projet alimentaire, c’était 1998, la crise de la vache folle, en alimentant les bovins avec des farines animales, on les a empoisonnés et ils ont empoisonné les hommes. Pour nous, ça a été une vraie prise de conscience des enjeux santé-environnement de l’alimentation », déclare Gilles Pérole, adjoint au maire en charge de l’enfance, de l’éducation et de l’alimentation au micro de PACT2.

Aujourd’hui, 87 % des parents d’élèves disent avoir modifié leurs pratiques alimentaires et 97 % des élèves apprécient la restauration scolaire, selon une étude menée en 2019 dans le cadre d’un observatoire de la restauration durable. À Mouans-Sartoux, les enfants mangent bio, moins carné et plus local, apprennent à gérer leur alimentation en choisissant le contenu de leur assiette, en évitant le gaspillage, et en prenant soin de trier les déchets. « On a récolté ce matin et hier, tout va partir dans les trois écoles pour être cuisiné dans la matinée pour le repas de midi », explique Sébastien Jourde, agriculteur municipal, pour le 13 heures de France 2.

Cemea

 

Démultiplier l’impact sur la société

 

Des journalistes, des universitaires, des élu·es de nombreuses communes de France et d’Europe auscultent comment, de la terre à l’assiette, on essaye ici de vivre mieux avec l’espoir que les générations futures en aient aussi les moyens. Labourer, semer, prendre soin, récolter et se régaler, au sens propre, par plus de mille repas servis chaque jour, mais aussi au sens figuré, avec cette volonté d’essaimer le plus largement possible.
Le projet alimentaire territorial s’est enraciné grâce à la persévérance de celles et ceux qui ont une capacité à fédérer et entraîner de nombreuses personnes à pousser dans le même sens. Cela passe par l’éducation mais aussi par l’urbanisme. La commune a ainsi fait le choix, en 2005, d’acquérir par préemption un vaste domaine agricole de six hectares, dévolu à un projet de lotissement, pour y installer en 2011 une régie agricole municipale. Débarrassée de l’épée de Damoclès des appels d’offres infructueux en produits bio, elle peut ainsi fournir, dès 2012, les quantités nécessaires au 100 % bio à la cantine. Les gestionnaires savent que les équipes de cuisine pourront quotidiennement élaborer les menus tenant compte des récoltes et les élu·es peuvent prendre le temps de tracer les contours d’une politique d’aide à l’installation de nouvelles exploitations de production bio.