Comme souvent, la solution se trouve dans l'équipe : sa cohésion, son écoute, sa préparation, sa formation.
Le cas des câlins - Cas d'animation
Pour cette première saison, Hugo reçoit Marion, Olivier et Mélina – trois animateur·ices experimenté·es – pour questionner et éclairer des « cas d’animation », des situations complexes rapportées par des animateur·ices mis·es en difficultés.
Un animateur stagiaire de 18 ans fait un retour à l'équipe d'animation et à la direction de la colo : la petite Delphine, qui a 8 ans, s’est particulièrement attachée à lui. Elle le suit dans toutes les activités, s'installe systématiquement à côté de lui pendant les repas, ne parle qu'à lui et ignore les autres. Ce qui met l’animateur mal à l’aise ce sont ses demandes de bisous et de câlins, des demandes de contact physique qui lui semblent anormales et le déstabilisent dans sa posture.
Pour décortiquer cette situation, Hugo reçoit :
Marion Perrin, animatrice et formatrice BAFA-BAFD, permanente dans un lieu de vie et d'accueil en protection de l'enfance. Elle se spécialise sur l'articulation des questions de genre et de pédagogie.
Olivier Ivanov, animateur et directeur de centre de vacances, formateur BAFA-BAFD, enseignant, et rédacteur en chef de la revue Vers l’Éducation Nouvelle.
Mélina Raveleau, animatrice, directrice de séjour et formatrice BAFA. Elle est cofondatrice et présidente de l'association Toustes en Colo.
À la manière d'un GEASE ou d'un atelier « retour d'expérience » pratiqué en stage BAFA, l'objectif de cet épisode est d’utiliser la richesse du groupe et la multiplicité des regards pour éclairer la situation vécue, en extraire des enseignements, des pistes de résolutions.
Le cas des câlins : un exercice d'équilibriste
Ce témoignage évoque de nombreux enjeux : la protection de l'enfance, les besoins affectifs "normaux" ou particuliers des enfants, mais aussi l'assignation genrée des gestes d'affection, perçus comme maternant du côté des femmes ou suspects du côté des hommes.
Ici, c'est l'animateur lui-même qui a fait remonter le cas, ses intentions ne sont pas mises en cause. Mais on pense forcément aux nombreux cas, anciens et récents, d'agressions sexuelles en accueil de mineurs. Cette réalité nous alerte, nous inquiète, nous fait réagir, mais elle ne doit pas nous paralyser.
La peur appauvrit nos pratiques éducatives. Ici, on a un jeune homme qui a peur d'être mal perçu, mal jugé et qui aurait pu avoir une réponse de rejet pour se protéger.
Ce cas nous invite à considérer l'attachement exclusif de cette enfant comme un besoin particulier à accueillir et à accompagner. Ce qui n'empêche pas de questionner et s'assurer que ce comportement n'est pas le signe d'un malaise grave, et de mettre en place les outils permettant de donner l'alerte en cas de besoin.